Divorce : Pourquoi les pères obtiennent-ils rarement la garde des enfants ?

D’une manière générale, la garde d’un ou plusieurs enfants est rarement confiée au père, suite à un divorce. Bien que les magistrats tentent actuellement de corriger cette tendance, il s’agit d’un fait que beaucoup peinent encore à comprendre. Voyons cela plus en détail.

Des chiffres alarmants

Aujourd’hui, dans le vocabulaire du divorce, l’on utilise plus souvent le terme « résidence principale » plutôt que le terme « garde », lorsqu’il s’agit des enfants. Si ces derniers sont rarement confiés à leurs pères, cette généralité tend tout de même à s’équilibrer étant donné que les magistrats font déjà tout leur possible pour étudier minutieusement chaque cas. Malgré cela, le taux de discrimination à l’encontre des pères est encore particulièrement élevé, comme en attestent les chiffres : à 74 %, la résidence principale se trouve chez la mère, contre 8 % chez le père. 16,9 % des personnes divorcées ont opté pour la résidence alternée, qui s’avère être la meilleure des solutions pour l’enfant au final.

Tout dépendrait surtout de l’âge de l’enfant

Il est à noter que plus les enfants en question sont jeunes, moins les pères ont de chance d’en obtenir le droit de résidence principale. En effet, jusqu’à environ 5 ans, les juges préfèrent ne pas séparer les enfants de leurs mères. Les tout-petits et les bébés sont pratiquement obligatoirement confiés à leurs mères. À partir de 6 ans, les répartitions sont davantage équilibrées. Toutefois, cela s’inscrit dans un sens logique et pratique, étant donné qu’une mère qui allaite ne peut pas être séparée de son enfant. Il ne s’agirait donc pas d’une discrimination à proprement parler, mais bien de l’intérêt de l’enfant.

Souvent, l’intervention du juge n’est pas nécessaire

Il arrive très souvent que les juges aux affaires familiales n’aient même pas besoin d’intervenir pour attribuer une résidence principale à un enfant. En effet, les parents se mettent souvent d’accord d’eux-mêmes. Les pères, préférant se concentrer sur leurs carrières et n’ayant pas forcément de temps à consacrer à des enfants, préfèrent les avoir durant le week-end. C’est souvent le cas suite aux divorces par consentement mutuel. Si la résidence alternée est la solution la plus adaptée pour un enfant, elle n’est malheureusement pas très prisée et ne représente encore qu’un quart des cas dans les divorces.

Les esprits encore marqués par le patriarcat

Le fait est que la société est encore dans le moule du patriarcat lorsqu’il s’agit des affaires familiales. Dans notre société, ce sont encore les femmes qui s’occupent davantage des enfants, tandis que les hommes cherchent de l’argent. Bien que nombreuses soient les femmes actives, elles sont plus aisément pardonnées sur leur lieu de travail si elles doivent s’absenter pour s’occuper d’un enfant malade. C’est donc la mentalité de la société tout entière qu’il faudrait modifier.